Se libérer des problèmes de poids et de boulimie

Se libérer des problèmes de poids et de boulimie

DES CONSEILS POUR ELARGIR SA VISION DU PROBLEME

A trop focaliser sur les régimes, sur ce qu’on peut et ne peut pas manger, à comptabiliser les calories entrantes et les dépenses sortantes, l’on oublie qu’un amincissement réussi est d’abord une question d’état d’esprit…

 

Etre mince…Que d’utopies, que de rêves lui inspirent ces deux simples mots.
Mélanie a toujours rêvé d’être mince…Cela a même été pendant longtemps son unique désir. Pourtant, elle ne l’a pratiquement jamais été. Elle a essayé des dizaines de régimes. Sans grand succès. Elle perdait avec peine des kilos qu’elle regagnait presque aussitôt. Et la voilà découragée, fâchée contre elle-même.
Elle aurait pu être si belle, mince, si heureuse…Elle a fini par faire une gastroplastie…On lui a mis un anneau autour de l’estomac… Non sans peine, elle a perdu une vingtaine de kilos…Mais quelques mois après l’opération, elle les a pratiquement tous repris.

Parfois, elle parvient à se contrôler. Mais d’autres fois, c’est plus fort qu’elle, elle craque.
Y aurait-il en elle une petite bête vorace et surpuissante qui se rit de ses efforts?
Où le démon se trouve dans ces friandises, ces gâteaux, ces biscuits salés qui les tentent en permanence même quand elle ferme les yeux ?

 

On peut désirer ardemment être mince et pourtant être incapable de résister à la tentation, ou y résister d’une drôle de façon, en mode tout ou rien.
On parvient à se contrôler de manière draconienne et puis soudain on craque, la soupape explose, l’orgie commence et bientôt bat son plein…
Quand on commence, on ne peut plus s’arrêter.
Chez l’être humain, manger n’est pas simplement, comme chez les animaux, une réponse à un besoin physiologique du corps.
La façon dont nous nous nourrissons est façonnée par la culture et par l’éducation. Manger peut avoir une fonction psychologique ou sociale.
Au Cameroun, il est normal de manger des termites. Chez nous, ça paraît immangeable.
Les problèmes de boulimie et d’anorexie ne se rencontrent que dans les pays Occidentaux, comme si la société de consommation créait ce type de maladie. La minceur est survalorisée et en même temps, on assiste (dit-on) à une épidémie d’obésité, aux Etats-Unis comme chez nous. Etre gros est mal vu. Pourtant, l’offre alimentaire est de plus en plus grande et variée…

Dans son livre « Les yeux et le ventre », Hilde Bruch explique que la manière dont les mères alimentent leur enfant détermine la façon dont ils se nourriront plus tard. Une mère qui répond mal aux besoins de son enfant (par exemple en le gavant dès qu’il pleure), favorise chez lui le développement de troubles alimentaires. Plus tard, l’enfant confondra faim et émotion. Il sera conditionné à manger dès qu’une tension se présentera.
La psychanalyse considère que les troubles alimentaires trouvent leur origine dans des difficultés de l’enfance. Il y a une régression ou fixation au stade oral. Quelque chose s’est mal passé dans les premières années de la vie, si essentielles au développement d’une personnalité équilibrée. La mère a peut-être été trop absente ou trop présente. L’enfant n’a pas réussi à se détacher d’elle, il reste dépendant d’elle, fixé à elle, à ce qu’elle a représenté pour lui quand il était bébé : la nourriture, une nourriture magique censée satisfaire tous ses besoins (même d’ordre non alimentaire).
Pour se développer harmonieusement, pour s’autonomiser, l’enfant a besoin de faire l’expérience du manque, de la frustration, de l’absence.
Les adultes qui n’ont pas pu apprendre à vivre le manque quand ils étaient enfants souffrent de problèmes de dépendance. Ils seront toujours à la recherche de quelque chose d’extérieur à eux qui résout les problèmes, qui comble tous les manques. On appelle cela « l’anaclitisme », le besoin de s’appuyer sur l’autre faute d’exister suffisamment.

Les problèmes avec l’alimentation peuvent aussi renvoyer à des difficultés oedipiennes, de rivalité mère/fille par exemple. Certaines adolescentes peuvent avoir le besoin de s’affirmer par la négative, par opposition au désir de minceur que les parents ont pour eux. Certaines ne veulent absolument pas ressembler à leur mère qui est grosse…Etre gros (ou maigre) fait parfois tellement partie de l’identité de la personne que toute modification de poids est ressentie comme une menace. Le poids qu’on a peut donc être lié à des besoins d’ordre relationnel. Prendre de la place peut être une façon d’en imposer, de prendre sa place. Cela peut aussi renvoyer à un besoin de protection, le besoin de se créer une carapace, de se protéger contre les dangers de l’amour, de la sexualité ou de la rivalité…

Selon la théorie de la restriction cognitive (voir par exemple : http://www.gros.org ), les régimes alimentaires aggravent et même créent les troubles alimentaires. En effet, la personne qui fait régime ne se nourrit plus en fonction de critères internes (faim et satiété) mais en fonction de critères externes (ce qu’il faut et ne faut pas manger). Faire régime, surtout quand on s’impose cela de manière permanente, induit une obsession de l’alimentation ainsi qu’un mode de fonctionnement « tout ou rien » où la personne passe par des phases d’ « hyper contrôle » suivies par des phases de perte de contrôle. Plus on cherche à se contrôler, plus on craque ! Plus on craque, plus on cherche à se contrôler ! C’est un cercle vicieux…

D’autres stratégies d’amincissement méritent d’être tentées !


C’est seulement en étant uni à soi-même, en restant à l’écoute de ses besoins tant alimentaires qu’émotionnels qu’on peut se libérer sereinement et durablement des problèmes de poids et de boulimie.

 

Voici trois conseils pour mieux prendre en compte les besoins qui sont à la base des compulsions alimentaires…

1) Observez-vous

  • Qu’est ce qui vous pousse à manger ? Faim réelle ? Faim psychologique ? Convention sociale… ?
  • Comment vous sentez-vous quand vous mangez ? Tendu(e) ? Angoissé(e) ? Heureux(se)… ?
  • Que vous dites vous quand vous mangez ? …
  • Dans quelles circonstances « craquez vous » ? Essayez de détecter à quels besoins, à quelles tensions correspondent vos crises de boulimie …

2) Introduisez des pauses dans le tourbillon de la vie

Dans les compulsions alimentaires, on est emporté par quelque chose d’irrépressible qui nous dépasse. Le fait de manger trop, de dévorer, permet souvent de court-circuiter des émotions et de les déplacer sur un terrain qu’on ne connaît que trop bien…Et tout se passe rapidement comme si on était pris par quelque chose d’urgent… Il est alors essentiel d’appuyer sur « pause » et de tenter de voir dans quoi on est pris, ce qu’on ressent, ce qu’on se dit…

Il y a différentes manières de prendre le temps :

  • Prenez le temps de déguster un aliment : avant de le porter à votre bouche, observez sa couleur, sa forme, sa texture, sa présentation…goûtez-en une bouchée en laissant à toutes vos papilles gustatives l’occasion d’en profiter pleinement…Avalez la bouchée et constatez l’effet qu’elle provoque dans votre organisme…
  • Introduisez suffisamment de pauses détente et plaisir dans votre vie
  • Prenez le temps d’écouter votre corps, vos sensations physiques
  • Prenez au moins une minute avant de succomber à une crise alimentaire et écrivez sans penser ce qui vous passe par la tête, vous serez parfois surpris(e) du résultat !

 

3) Interrogez-vous sur les frustrations que vous connaissez

Et si, avant d’entreprendre un régime, vous vous interrogiez sur ce qui vous frustre ou vous déçoit dans la vie…Comment faire en sorte de ne pas avoir besoin de compenser par l’alimentation ?… Vous pouvez par exemple :

  • Dresser la liste des personnes qui vous sont proches et observez ce que vous ressentez vis-à-vis d’elles.
  • Dresser la liste des personnes avec qui vous êtes ou avez été en conflit et constater : quels types de souffrances avez-vous connues ? Certaines émotions sont elles récurrentes ? 

 

Pour plus d'informations sur la question, vous pouvez aussi consulter le site : http://www.ateliers-sophro.be

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Muriel Vandergucht

psychologue

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