Qu’est-ce que le neurofeedback (ou biofeedback EEG) ?

Le neurofeedback ou biofeedback EEG est une technologie qui a vu le jour dans les années soixante aux Etats-Unis.

En posant des capteurs sur la tête, il est possible de lire les signaux électriques émis par le cerveau. Ces signaux sont caractéristiques de l'état mental dans lequel on se trouve. Par exemple en état de relaxation les yeux fermés, la fréquence dominante des signaux émis par le cerveau sera généralement entre 8 et 13 Hz (signaux "alpha").

Si l'on informe le cerveau de la dynamique des signaux qu'il émet, il peut apprendre à les corriger spontanément grâce à un logiciel très sophistiqué et ainsi parvenir à émettre des signaux stables et équilibrés, adaptés aux besoins du moment. Cela peut aider à retrouver un fonctionnement harmonieux et optimum et rendre ainsi la vie beaucoup plus agréable.

Il n'est pas nécessaire d'avoir des problèmes neurologiques, psychologiques, ou psychosomatiques pour bénéficier du neurofeedback même si plus l'aspect fonctionnel de ces problèmes est prononcé, plus les résultats pourront être convaincants.

Chaque fois que le cerveau est impliqué dans un problème fonctionnel, le neurofeedback peut aider à y remédier car il constitue un entraînement à produire et à maintenir la "Réponse de relaxation" étudiée par le Dr Herbert Benson et son équipe à l'Ecole Médicale de Harvard.

On peut aussi parler du neurofeedback en termes positifs en disant qu'il peut aider à améliorer l'attention, la capacité de concentration, la mémoire, le quotient intellectuel (les processus de réflexion devenant plus fluides), la créativité, l'intuition, le "potentiel spirituel", etc.

C'est pourquoi le neurofeedback est utilisé pour l'entraînement des professionnels de haut niveau (artistes, sportifs, cadres d'entreprise...) ou pour la méditation. Certains viennent aussi au neurofeedback pour développer leur capacité au rêve lucide ou à l'OBE... Il s'agit donc d'une technique de développement personnel par une saine gymnastique du cerveau.

Le rôle du praticien de neurofeedback

Le praticien définit les objectifs des séances avec son client.

Il explique le mode opératoire du neurofeedback.

Il définit avec son client les critères d'évaluation des progrès attendus.

Il recherche et repère les contraintes externes pouvant nuire à l'efficacité des séances et renvoie sur ce point son client vers un professionnel compétent pour palier ces contraintes éventuelles.

Il aide son client à évaluer les effets du neurofeedback entre chaque séance et il tient compte de cette évaluation pour la séance suivante.

Il respecte strictement le secret professionnel.

La pratique du neurofeedback s'intègre naturellement au sein de l'activité des professionnels de la santé, des psychologues, des psychothérapeutes, des coachs en développement personnel, etc.

Les séances

La séance de neurofeedback est quasi automatisée et pilotée par ordinateur. Deux capteurs sont disposés sur la tête de l'utilisateur sur chacun des hémisphères cérébraux deux pinces sont accrochées à chaque oreille. Les signaux électriques émis par le cerveau alimentent un ordinateur et le logiciel de neurofeedback via un électroencéphalographe.

Chaque fois que ces signaux indiquent la naissance d'une turbulence par une variation brutale d'amplitude, le logiciel interrompt brièvement le déroulement du film ou coupe le son de la musique. Cette micro-coupure constitue le feedback qui permet au cerveau de revenir au présent et d'apprendre ainsi inconsciemment à stabiliser et équilibrer les signaux qui le parcourent. Aucun courant n'est envoyé au cerveau via les capteurs disposés sur la tête de l'utilisateur. Aucun message subliminal n'est envoyé à l'utilisateur qui apporte ses propres DVD, ses CD vidéo et ses CD audio. La personnalité ou le contenu du cerveau ne sont pas altérés : c'est le fonctionnement du cerveau qui est optimisé.

Le film ou la musique s'interrompent environ 2% du temps. On s'y habitue vite et c'est grâce à ces interruptions que le cerveau apprend. Elles sont donc indispensables. Le logiciel augmente la difficulté de l'entraînement au fur à mesure que l'utilisateur fait des progrès de façon à ce que le film ou la musique s'interrompent toujours régulièrement. L'utilisateur ne peut donc juger de ses progrès par le nombre d'interruptions qu'il perçoit. Ce qui est important, c'est ce qu'il ressent pendant et après les séances. S'il juge que le film ou la musique s'interrompent trop souvent à son goût, il doit demander à l'opérateur de diminuer la difficulté de l'exercice.

Pour permettre une bonne conduction des signaux cérébraux vers les capteurs, une pâte conductrice est appliquée sur le cuir chevelu et les oreilles. Les cheveux doivent être propres, secs et non gras : aucun gel, lotion, huile ou laque ne doit être utilisé. La pâte conductrice se nettoie à l'eau chaude.

Cette technique de neurofeedback est indépendante des éventuels problèmes que l'on souhaite résoudre et il n'est pas utile d'effectuer un électroencéphalogramme quantitatif (QEEG) avant de démarrer les séances.

Les séances sont plus confortables à faire lorsque l'on va bien plutôt que lorsque l'on va mal, mais elles sont profitables dans les deux cas. Par exemple pour les personnes souffrant de migraines, il sera plus facile de se relaxer en l'absence de migraine mais la relaxation que procure la séance peut aussi aider à soulager une migraine en cours. Pour les personnes allergiques, il est préférable de venir en dehors des périodes d'allergies. Mieux vaut aussi ne pas être enrhumé pour ne pas avoir à se moucher toutes les deux minutes !

Les exercices de neurofeedback consomment du glucose et peuvent donner faim. Mieux vaut donc ne pas avoir le ventre vide avant la séance. Les diabétiques et hypoglycémiques doivent anticiper une possible baisse de leur glycémie.

L'utilisateur doit se relaxer et "lâcher prise". Il se met en situation de "vacances", sans source de stress ou d'inquiétude, comme le cadre de l'association l'y invite. Il n'a aucun effort à faire en regardant le film ou en écoutant la musique car l'apprentissage se fait inconsciemment. Il note le moindre problème ou inconfort (froid, soif, etc) et demande qu'on y remédie. Assis dans un fauteuil confortable, il peut bouger ou parler chaque fois qu'il le souhaite même si cela interrompt parfois le film ou la musique du fait des signaux électriques supplémentaires que cela génère. Il est à ce propos préférable d'éviter les vêtements synthétiques qui produisent des signaux parasites lors d'un mouvement. L'utilisateur peut avoir envie de fermer les yeux ou de s'endormir ce qui ne pose pas de problème pour l'apprentissage. Il peut aussi effectuer une tâche simple telle que dessiner ou lire un magazine en écoutant la musique.

Il peut remarquer dans de très rares cas d'éventuels effets secondaires pendant la séance (mal de tête, tension musculaire, accélération des battements cardiaques...). Parfois aussi le problème qu'il cherche à régler peut survenir. L'utilisateur doit dans ce cas faire ajuster sans attendre les paramètres de l'entraînement. Certains effets secondaires peuvent aussi être dus au surdosage d'un médicament alors que le neurofeedback en réduit le besoin ou en augmente le potentiel. L'utilisateur doit alors prendre contact avec son médecin traitant pour faire ajuster la posologie. La sensibilité à la caféine, à l'alcool ou aux drogues peut aussi augmenter et nécessiter une réduction de la consommation. (Concernant l'alcool et les drogues, on note aussi fréquemment une perte d'attirance pour ces produits).

Le neurofeedback améliore généralement la conscience corporelle et la conscience de soi ce qui peut être désagréable dans un premier temps pour certaines personnes. C'est pour elles une transition nécessaire avant l'amélioration de leurs symptômes.

Pour les victimes d'un traumatisme psychologique, il n'est pas nécessaire de se remémorer ce traumatisme pour s'en libérer, contrairement à ce qui se fait au cours de thérapies plus classiques. Le neurofeedback n'efface pas le souvenir traumatique mais il peut permettre d'en dissiper la charge émotionnelle.

Lorsque les exercices intensifs de neurofeedback procurent beaucoup d'énergie chez certaines personnes ("effet cocaïne"), les séances doivent être faites plutôt le matin ou en début d'après-midi et l'utilisateur doit faire un usage raisonnable de ce surcroît d'énergie et éviter l'excès d'activité. A contrario, les personnes pour lesquelles les exercices intensifs de neurofeedback consomment beaucoup d'énergie doivent prévoir de se reposer entre les séances.

Il est utile de noter tout problème ou difficulté présent avant la séance, un problème physique ou un problème psychologique en cours pouvant empêcher la relaxation et rendre l'apprentissage plus difficile.

Evaluation des progrès

Le neurofeedback n'est pas un traitement médical mais plutôt une saine gymnastique du cerveau. Lorsque les séances de neurofeedback ont des retombées positives sur la santé de l'utilisateur, ce travail sur soi ne saurait dispenser celui-ci de consulter son médecin traitant ou d'appliquer le traitement prescrit par celui-ci.

Aucun diagnostic n'est posé, ni avant ni après les séances, et l'utilisateur ne vient pas forcément pour régler un problème particulier. Les progrès enregistrés peuvent être rapides ou lents et ils sont en général cumulatifs. Si le système immunitaire est impliqué, les progrès peuvent être chaotiques avant de se stabiliser. Dans ce cas, l'utilisateur doit prévoir des périodes de repos entre les séances.

L'utilisateur doit signaler tout changement même minime qui peut permettre de confirmer que l'apprentissage se fait bien. Les premiers changements observables portent généralement sur le sommeil. Ces signes d'évolution sont plus significatifs que l'analyse statistique des signaux du cerveau qui n'est faite qu'à titre indicatif.

Parfois, les progrès sont imperceptibles par l'utilisateur lui-même, sauf s'il se connaît bien et est habituellement attentif à son fonctionnement personnel. Pour citer un exemple extrême, une patiente américaine avait une peur phobique de traverser les ponts. Elle se recroquevillait sur son siège et se masquait le visage lorsque son mari qui la conduisait chez le praticien de neurofeedback devait traverser le fleuve de la ville. Au bout de quelques séances cependant, le praticien apprit par hasard que sa patiente venait désormais sans son mari. Elle avait simplement omis de lui signaler qu'elle n'avait plus peur de traverser le pont au volant de sa voiture.

Autre exemple, il faut parfois un certain temps pour réaliser que l'on est devenu beaucoup moins sensible à la douleur : celle-ci s'est tout simplement fait oublier ! Et lorsqu'un fonctionnement harmonieux du cerveau renforce les défenses du système immunitaire, la grippe que l'on évitera peut-être l'hiver prochain constitue un progrès "invisible" bien que réel.

En général, on s'habitue très vite à une amélioration de son fonctionnement, on ne la remarque plus et elle devient rapidement normale. Il est facile d'oublier combien on était gêné auparavant. Parfois, c'est l'entourage qui se souvient mieux du problème qui a été résolu et qui apprécie l'ampleur du changement. Bien sûr, certains auront aussi tendance à minimiser le problème après sa disparition : "Je n'étais pas si colérique que ça !".

Pour enregistrer certains progrès, il faut être prêt à changer et accepter ce changement. Par exemple, sortir d'une longue dépression peut signifier la fin d'un arrêt de travail qui obligera l'utilisateur à retrouver son "horrible" patron. Néanmoins, il s'avérera peut-être que ce patron sera devenu tout à fait supportable car l'utilisateur sera mieux armé intérieurement pour le côtoyer…

L'utilisateur n'a pas besoin de "croire" à l'efficacité du neurofeedback pour en bénéficier mais une intention claire et confiante sur les progrès qu'il souhaite réaliser conjuguée à cette même intention chez le praticien crée un climat favorable à de bons résultats.

Les praticiens utilisant les équipements de neurofeedback de dernière génération aux Etats-Unis et en Europe rapportent un taux de satisfaction de 80%. Cela signifie que 20% des utilisateurs ne ressentiront pas de bénéfices particuliers après les séances de neurofeedback. En effet le neurofeedback agit sur le cerveau par "petites touches" successives chaque fois que le film ou la musique s'interrompent, le plus souvent inconsciemment, environ 200 fois lors d'une séance de 30 minutes. Ces micro influences ne peuvent avoir d'effet sur le cerveau que si celui-ci n'est pas soumis à de fortes contraintes externes. Ces contraintes peuvent venir d'une cause organique, de certains médicaments, d'un régime alimentaire déficient ou de problèmes que connaît l'utilisateur dans sa vie privée : il est donc préférable d'éviter les périodes de crise et de faire du neurofeedback lorsque ces contraintes externes sont moins prononcées. D'autre part, l'influence des séances peut être annulée par un comportement quotidien allant à l'encontre de l'effet recherché, tel que par exemple regarder la télévision pendant des heures pour un enfant atteint du trouble du déficit de l'attention. Il faut donc essayer de repérer ce type de comportement qui entretient le problème.

Idéalement, chaque séance de neurofeedback doit être suivie d'une bonne nuit de sommeil afin de consolider l'apprentissage, et quelques jours entre chaque séance laissent le temps au cerveau de bien réorganiser son fonctionnement. De ce fait, pour les personnes insomniaques ou lorsque l'entraînement est condensé sur une courte période, il faut généralement plus de séances que les 10 à 30 séances habituellement nécessaires. Il faut aussi parfois plus de séances lorsque l'utilisateur est plus âgé ou lorsque les problèmes que l'on souhaite régler sont chroniques et présents depuis de nombreuses années. En cas de handicap mental, l'apprentissage se fait plus lentement et il peut nécessiter une centaine d'heures de séance. Il est alors préférable pour la famille d'acquérir ou de louer l'équipement de neurofeedback.

L'entraînement intensif est déconseillé aux personnes fragiles, hypersensibles ou épileptiques et en cas de fatigue chronique ou de dysfonctionnement du système immunitaire. Le rythme de deux séances par semaine convient mieux pour ces personnes.

Il est conseillé de poursuivre les séances au-delà du point de satisfaction afin d'assurer la pérennité du résultat. Les progrès sont ensuite définitivement acquis, de même que l'on n'oublie pas comment faire de la bicyclette même sans en faire pendant 20 ans. Quelques séances complémentaires peuvent toutefois s'avérer utiles ultérieurement pour palier une cause de stress exceptionnelle.

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