L'empreinte écologique de nos dents: vers une nouvelle éco-conscience ?

Il n'est pas question ici de l'empreinte dentaire dont tout le monde a tâté un jour ou l'autre, sorte de pâte caoutchouteuse que le dentiste emploie pour réaliser les moulages des arcades. Vous avez bien lu, on parle ici de l'empreinte écologique liée aux matériaux employés pour obturer ou restaurer nos dents.

Les matériaux métalliques employés en dentisterie, plombage au mercure et aussi une infinie variété d'alliages servant à la confection de couronnes, bridges ou autres prothèses, représentent des déchets toxiques pour l'environnement.

Certes, pour limiter la pollution des nappes phréatiques par le mercure, la législation française oblige depuis 2001 les cabinets dentaires à s'équiper de récupérateurs filtrant les déchets d'amalgames. Mais la mesure est loin d'être suffisante. On ne préoccupe absolument pas du devenir, après leur décès, des quelques cent tonnes de mercure présentes dans la bouche des français. Eh oui, cent tonnes de mercure qui tôt ou tard contamineront la chaîne écologique.

L'incinération est source d'émissions importantes de vapeurs de mercure dans l'atmosphère (il ne fait pas bon vivre à côté d'un centre de crémation). Quant à l'inhumation, elle implique une lente libération de mercure par corrosion, avec infiltration des sols et contamination des nappes phréatiques. Il en va de même pour les autres métaux qui, nickel en tête, ne sont pas moins toxiques .

Alors que la Commission européenne, à la demande de la France, est en passe de reculer sur la question du mercure, dont elle avait pourtant envisagé le bannissement, le problème de la contamination de l'environnement par les matériaux dentaires après la mort de leur porteur est tout simplement occulté par les pouvoirs publics. Pour ceux qui pensent l'enjeu ridicule ou négligeable, rappelons que la Suède a évalué les rejets de mercure liés aux crémations à 280 kilos/an, soit près du tiers du total des émissions mercurielles dans ce pays.

C'est donc à chaque éco-citoyen, à un niveau individuel, qu'il appartient de prendre ses responsabilités. Le choix des prothèses et des obturations dentaires fait par chacun engage l'avenir écologique de la planète. Des matériaux alternatifs à l'amalgame existent, moins polluants et plus biocompatibles que le plombage au mercure et les métaux dont l'emploi doit être évité ou limité, autant que les impératifs d'ordre technique le permettent.

Pour évaluer la biocompatilité des matériaux dentaires, on peut consulter la classification des matériaux dentaires selon leurs qualités biologiques.

Choisir les matériaux qui restaurent nos dents deviendra-t-il le prochain commandement éco-citoyen ?

Souhaitons-le, car, outre celle de la planète, c'est notre santé qui en dépend.

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Devala

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