récit d'une séance de massage sensitif devenu thérapeutique
Si j'ai décidé de relater une de mes séances de massage sensitif
c'est que j'aimerais partager cette expérience forte pour laquelle j'étais sceptique au départ et qui finalement a transformée le cours de ma vie.
Expérience de massage sensitif qui pour moi, s’est révélé être thérapeutique.
J’avais entrepris une psychothérapie depuis quelques mois. Je n’arrivais pas à parler et ne progressais pas. J’étais très tendue, tourmentée et dormais peu. Cherchant désespérément un moyen de retrouver la détente physique et le sommeil,je me suis tournée vers le massage. C’était l’affaire de 3 ou 4 séances, me semblait-il. J’y ai trouvé bien plus que ce que je cherchais. Dès la deuxième séance, je sentais des courants d’énergie circuler en moi et se bloquer à certains endroits. La nécessité de poursuivre le massage me paraissait évidente si je voulais arriver à me sentir mieux dans ma peau et restaurer le contact entre la tête et le corps.
Il m’est impossible de passer en revue toutes les émotions qui m’ont envahies tout au long de ces séances. Certaines m’ont cependant touchées plus que d’autres. Plusieurs m’ont permis d’évacuer toute l’agressivité refoulée au cours des années. Mes sens à moitié endormis se sont doucement réveillés : la musique a eu un nouvel écho sur mon ouie, les formes et les couleurs me parlaient différemment, le contact physique me faisait vibrer plus qu’avant. Je découvrais brusquement des choses auxquels je n’avais jamais été attentive et qui, tout à coup, m’émerveillaient.
Le manque de chaleur et de tendresse pendant ma petite enfance ne m’avaient pas affectée, me semblait-il. Le massage m’a fait ressentir ce manque de contact et d’affection. Ce vide m’est devenu petit à petit insupportable jusqu’au jour où j’ai compris qu’il est possible de vivre avec des manques et de compenser ailleurs.
La thérapie verbale qui ne progressait pas a tout à coup démarré et m’a semblée tout à fait complémentaire au massage. (Cette thérapie verbale, je la faisait avec un psychothérapeute - rien a voir avec J. qui me massait !) J’arrivais maintenant à verbaliser ce que je ressentais physiquement et inversement, il m’arrivait de ressentir pendant le massage des émotions que j’avais eu difficile à mettre en mots.
Une séance de massage m’a tout particulièrement bouleversée. Celle au cours de laquelle j’ai revécu ma naissance.
Le jour même, je n’ai pas été surprise outre mesure. Ce moment me paraissait se ranger dans la logique des choses. Au fil des semaines et des mois, des flashs de ce massage me revenaient sans cesse : des sensations, des images, des échos et même des parfums. Un fait étrange : les semaines qui précédèrent cette fameuse séance une même sensation me gagnait à chaque fois : dès que J. approchait ses mains de mon cou, une sensation de malaise s’emparait de moi, l’angoisse me nouait la gorge et, je ne sais pourquoi, malgré la peur de sentir les mains s’approcher de mon cou, je m’agrippais à celles-ci tout en imprimant un mouvement qui m’effrayait mais donnait l’impression que j’allais être délivrée de quelle que chose. Je ne comprenais rien à mon attitude : j’avais peur d’être étranglée et en même temps, j’avais un terrible besoin de sentir ses mains m’étreindre la gorge. Au même moment j’éprouvais chaque fois une irrésistible envie de crier mais, pas un son ne sortait de ma gorge nouée par la peur.
Un jour, m’allongeant sur la table de massage, je me suis entendue dire : « J’ai une terrible envie de crier. Je ne sais pas pourquoi et de toute façon, je n’ose pas ! » Le massage a débuté comme d’habitude. A un moment donné, J. m’a dit : « Vas-y, crie si tu veux, laisse-toi aller ! Il n’y a personne dans la maison.»
Je lui ai répondu : « J’ai l’impression que je ne pourrais pas crier sans avoir mal. »
Il m’a alors donné des petits coups et pincée à droite et à gauche. Sans savoir exactement ce que je cherchais à ressentir, je savais que ce n’était en tous cas
pas cela et, déçue, je me suis roulée en boule mise à pleurer. J’étais inquiète de ne pas comprendre tous ces sentiments qui me passaient par la tête et ses émotions qui me prenaient au ventre et à la gorge.
Après quelques instants, J. a essayé de me détendre en me proposant de poursuivre le massage. J’avais l’impression qu’il était dans un autre monde, qu’il ne pourrait jamais comprendre l’angoisse qui m’habitait. Tout à coup, le tic-tac de la montre qu’il avait déposée sur la tablette à un ou deux mètres de moi s’est mise à résonner dans ma tête (ou, était-ce l’horloge de la salle d’accouchement ?) Toujours, sans comprendre ce qu’il m’arrivait, j’ai réalisé que je me trouvais dans une situation très critique. Il était question de vie ou de mort. Le temps était compté. Il fallait que je réagisse si je voulais en sortir vivante !
J’ai rassemblé mes forces pour essayer de passer le « barrage » qui me retenait prisonnière. Le tic-tac devenait lancinant.
Est-ce le hasard ou l’intuition ? Nous étions, J. et moi dans une position telle que brusquement, j’ai compris que je me trouvais dans le sein de ma mère. Je manquais d’air, j’avais la gorge serrée. J’avais beau rassembler mes forces, je n’arrivais pas à passer l’étau formé par les bras de J. Le tic-tac ne cessait de retentir à mes oreilles, décomptant les minutes qu’il me restait à vivre. Tout à coup, une sonnerie de téléphone a retenti. Un bref instant j’ai paniqué me disant : « s’il décroche, je suis perdue ! J’étouffe. Le temps est compté. Il faut qu’il m’aide à m’en sortir ! »
A bout de force, j’ai abandonné la lutte quelques secondes puis, dans un dernier élan, j’ai rassemblé le peu d’énergie qui me restait et, d’un coup de tête, j’ai enfin réussi à briser le barrage tout en poussant un cri qui m’a paru bien faible face à tout l’air qui pouvait enfin s’engouffrer dans mes poumons. J’étais comme une loque !, liquidée, en transpiration. Mon cœur battait à se rompre mais, j’étais soulagée et heureuse d’avoir conjuré le sort.
J’ai appris plus tard qu’en effet, je suis née avec le cordon autour du cou et avoir échappé de justesse à l’asphyxie.
J’ai revécu en quelques minutes un moment fort qui a transformé le cours de ma vie. Pour J. qui n’est pas formé au rebirth c’était aussi une expérience forte. Ni l’un ni l’autre, en début de séance n’avions imaginés vivre cet instant !
Cette découverte de la soif de vie qui m’a poussée à vaincre les obstacles lors de ma naissance m’a fait voir les choses sous un autre angle. Ce besoin de chaleur et de tendresse qui m’a déprimée pendant tant de mois m’a petit à petit définitivement quittée. Il a été remplacé par le désir d’apporter aux autres ce qui m’a tant manqué dans ma petite enfance.
Je me crois plus chaleureuse et attentionnée vis à vis de mes proches. Une soudaine joie de vivre m’a fait changer de cap.. Il me semble avoir découvert la santé émotionnelle, grâce au massage.
Aujourd’hui, je me sens bien dans mon corps comme dans ma tête !
Babette
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Merci Babette pour ce
Merci Babette pour ce superbe témoignage plein de sensibilité.
__________________________Relation au toucher par le Massage Sensitif (R)
Bonjour Bernadette,
C'est intéressant le parcours qui en a résulté avec tous ces effets très positifs. J'imagine que beaucoup d'enfants que vous avez rencontré ont pu voir leur vie se transformer, grâce à vous et c'est bien. En effet, certaines affaires mettent des freins mais il me parait important de continuer à partager ce que vous avez pu découvrir au travers du Massage Sensitif (R).
Bon dimanche et à bientôt.
Francis
__________________________Francis

Bonne chance pour la suite!
Bonjour Francis,
vous me dites: "bonne chance pour la suite!"
Le texte que j'ai rédigé il y a quelques jours raconte mon expérience d'il y a 16 ans et donc, la suite est déjà bien entamée.
A l'époque de cette re-naissance j'étais institutrice maternelle. Après cette fabuleuse expérience de massage il m'est paru évident que je devais introduire la technique du toucher au sein de ma classe (enfants de 4 et 5 ans).Les résultats ne se sont pas faits attendre: au fil des jours et des s'emaines,je voyais les plus timides sortir de leur coquille, d'autres prendre au bon coup d'assurance et puis, j'ai été frappée par le respect des enfants entre eux qui naissait dans le groupe.
Depuis que j'ai atteint l'âge de la pension je vais d'école en école faire découvrir ces quelques gestes qui peuvent transformer la vie de l'enfant, du groupe et de la famille.
J'en parle dans l'article rédigé dans ces colonnes: "Massage à l'école". Mon seul regret est d'avoir l'impression d'être trop peu entendue. L'"affaire Dutroux" en Belgique a fait beaucoup de dégats!!
Bon dimanche, Francis! Babette